8. Jean Richepin, Le Masque
(Le Coin des fous, histoires horribles, Paris, Flammarion, 1921)

 

Un dandy anglais intrigue son entourage : il est toujours masqué. Il faudra attendre sa mort, à quatre-vingts ans, pour apprendre la vérité : il ne voulait pas se montrer parce qu'il était trop beau.

 

Le singulier - 9 pages - **

Où l'on inverse le paradoxe de la monstruosité.

« C'est à l'âge de dix-huit ans que j'ai pris la résolution de porter ce masque ; nul, depuis lors, n'a vu mon visage, nul, nul, nul ! J'ai voulu que personne au monde ne le vît, personne au monde n'en étant digne, en notre temps d'abominable laideur. Car j'étais, je fus, -je suis toujours, je suis beau,  je suis beau. Je suis beau d'une beauté fulgurante, dont on ne peut supporter l'éclat sans souffrance, dont on mourrait si on la sentait pleinement. Mais une telle mort serait trop pure et trop héroïque pour mes ignobles contemporains, et je me suis refusé de leur en donner la jouissance divine, même après mon trépas, même par souvenir. » (p.202-203)