13. Pierre Mac Orlan, Dimanche, ou la Messe du Diable
(La Semaine secrète de Vénus, 1926 – Paris, Minerve, 1985)

 

Un homme est invité par un jeune journaliste à découvrir une Messe noire en plein Paris. Ce qui ne le trouble pas fort. Par contre, à aller boire ensuite au café avec le jeune homme…

 

L'érotisme - 15 pages - **

Le piquant de la pirouette finale.

« J'avais faim et, tout en dévorant, je regardais du coin de l'œil la figure de ce jeune blondin qui, en vérité, me sembla jolie. Une toute petite idée ignoble, pas plus grosse qu'une tête d'épingle, m'apparut tout à fait au loin, tout au bout de mon imagination. Je voulus recouvrir ce petit point lumineux, cette idée dégoûtante. Mais elle grossissait toujours dans le noir de mon imagination comme les lumières d'un train dans la nuit. Sans mentir, j'usai de toutes mes forces afin de repousser ce mauvais désir qui fonçait sur moi comme un express. Le principe du mal s'était installé en moi comme une maladie contagieuse. Je n'avais pas impunément écouté la Messe du Diable. Le patron, qui avait une gueule innommable, nous dit : -Il pleut encore, vous ne trouverez pas de voiture. – Nous coucherons ici, fit mon jeune compagnon. Il alluma une cigarette. Je répondis oui par un signe de tête. En ce moment l'idée entrait dans mon crâne avec la vitesse d'un train en gare et fracassait tout. » (p.136-137)