11. Henri de Régnier, La Nuit dans la montagne
(Les Bonheurs perdus, 1924 – Le Livre Moderne Illustré, 1925)

 

Un homme raconte comment sa maîtresse s'est détachée de lui parce qu'il l'aimait trop : « A partir de ce jour, Lucienne m'a considéré comme un homme dangereux… Notre liaison a traîné misérablement et a fini par se dénouer plus misérablement encore… » (p.107)

 

Les sentiments - 5 pages - *

De l'amour («  Pardonnez-moi cette confidence [son récit], mais il est loisible, parfois, d'être ridicule, Stendhal disait bien qu'il ne l'est pas de mourir dans la rue, pourvu qu'on ne le fasse pas exprès. », p.107)

« -Ah ! mon cher ! ces nuits dans la montagne comme elles sont belles et comme elles éveillent en nous le plus profond de nous-mêmes ! [c'est lors d'une de ces nuits qu'il prend conscience de sa passion] Elles nous rendent à nos instincts profonds. En leur solitude, en leur silence, il semble que l'on se connaît mieux. Bientôt, leur effet se fit sentir en moi…Des pensées indistinctes se formulèrent, qui m'apparurent soudain en leur certitude. Oui, ce fut durant l'une de ces nuits que je compris que mon amour pour Lucienne n'était pas ce que je croyais. » (p.106)