10. Joseph Kessel, Le Chant de Fedka le boiteux
(La Steppe rouge, nouvelles, Paris, Gallimard, 1923)

 

Un petit fonctionnaire devient à la suite des événements de la Révolution d'octobre en Russie un commissaire du peuple impitoyable ; véritable illuminé, il crée sa troupe qui sème la terreur ; il faudra l'éliminer.

 

L'actualité (la Révolution russe du début du siècle) - 50 pages - **

L'ascension et la chute, sur fond de scènes de guerre atroces, d'un fanatique.

« …Zoubov pour la première fois se comprit. Le professeur méthodologique, satisfait de sa médiocrité n'était qu'un masque. La vie qu'hier il menait n'était qu'une enveloppe blafarde dont il s'était dépouillé et qui gisait, loin déjà, dans le chemin de sa vie. Sous elle, tenu en bride, mais vivant, se recueillant, attendant l'heure propice, dormait son être véritable. Etre trouble, violent, avide d'agir, de dominer, assoiffé d'aventure, de liberté et qu' avaient engendré en des siècles lointains les conquérants mongols, dont les chevaux froissaient l'absinthe folle des steppes. Déjà cet être parlait, exigeait, et Zoubov l'écoutait avec un ravissement grave. Les années perdues, il fallait les rattraper, en forçant le rythme de son existence. Il fallait profiter des événements pour vivre avec une fièvre dévorante. Surtout il fallait être libre, car c'est le souffle de la liberté qu'il avait humé dans le sillage des camions et qui l'avait emporté. » (p.22-23)